REVUES

Soul Bag

“Philipp Fankhauser chante comme rarement en Europe. Ecouter en urgence!”

L’inclusion de son adresse mail dans les listes de diffusion est parfois source de bonne surprise. C’est comme ça que le dernier disque de Philipp Fankhauser est arrive jusqu’à nous. Honteux de ne découvrir un artiste de talent qu’à l’occasion de son dixième disque, mais joyeux de partager cette découverte avec vous, nous allons donc parler du disque du trimestre.

Fils spirituel de Johnny Copeland, Philipp est suisse, chanteur-guitariste-compositeur, enregistre depuis 1989. Son blues est plutôt sudiste et cuivré, avec un penchant régulier pour les ballades soulful , sans dédaigner les incursions chicagoanes. Après des passages remarqués tout atour de la planète, dont un concert au festival de Chicago en 2004 – combien d’Européens ont-ils pu y pretendre? -, il a joué pour la première fois à Paris en janvier dernier. Produit par Dennis Walker, son dernier disque est dansant de bout en bout, du Texas shuffle endiablé à la tendresse torride, on sort de son écoute au minimum moite, plus si affinités.

Les fidèles Richard Cousins à la basse et Tosho Yakkatokuo à la batterie assurent une rythmique de précision, sur laquelle peuvent se poser en douceur les claviers formidables de Hendrix Ackle et les guitares du leader ou de ses seconds, Marco Jencarelli et Alan Mirikitani. La victoire est définitivement acquisé par la belle section de cuivres (Tom Peterson, Lee Thornburg, Ira Nepus) don’t les arrangements originaux apportent un air frais dans le blues cuivré. Les sommets du disque sont “If You Ain’t Been To Houston”, blues mid tempo, et “The Blues Don’t Like a Crowd”, shuffle d’enfer avec cuivres qui tuent.

Mais Philipp sait aussi dérouter et être plus sombre avec Thomas & Rodney. En plus il chante comme rarement en Europe. Le tout baigne dans une sobriété et une retenue de bon aloi qui laissent augurer de grands moments en concert. Découverte ou confirmation selon le cas, c’est à écouter en urgence.

Christophe Mourot

Blues & Rhytm

“Un très impressionnant CD d’un musicien bien au-dessus de la moyenne!”

Le chanteur/guitariste/chef de groupe Philipp Fankhauser a reçu de bonnes critiques dans B&R depuis sa collaboration avec le Checkerboard Blues Band il y a une décennie, et avec cette sortie américaine, la tendance continue. Il a passé plusieurs années avec Johnny Copeland aux Etats-Unis (Shemekia a écrit quelques lignes sympa pour la pochette du disque) et cette expérience se traduit par une voix très bluesy (Members Only), un jeu de guitare concis et efficace et une écriture bien tournée de chansons blues, ballades blues et soul/blues, ainsi que des arrangements imaginatifs. Les autres musiciens sont – entre autres – Dennis Walker et les Memphis Horns. Un très impressionnant CD d’un musicien bien au-dessus de la moyenne.

Norman Darwen

Blues Revue

“Talk To Me présente le travail soigné d’un artiste expérimenté!”

L’évolution artistique de Philipp Fankhauser est une belle histoire: un suisse-allemand grandit en apprenant à aimer le blues américain, grâce aux fréquentes apparitions d’Albert Collins, B.B. King et John Lee Hooker au Festival de Jazz de Montreux. Mais ce genre d’histoire ne mène généralement par loin. On se demande s’il peut s’élever au même niveau que ces gars-là… Dans le cas de Fankhauser, très certainement. Il faut connaître sa biographie pour se rendre compte qu’il n’est pas né aux Etats-Unis: il n’y a aucune trace d’accent dans sa voix suave, qui rappelle la soul de Tommy Castro ou Curtis Salgado.

Fankhauser a sorti des albums depuis les années 80, son son est donc totalement développé. Sur Talk To Me, ses débuts pour Memphis International, il offre une gamme d’originaux et plusieurs reprises, y compris une version de Members Only que Dennis Walker a produit il y a quelques années. Walker a également produit d’autres morceaux, alors que le reste a été produit par Bobby Kyle à l’exception d’une version live de Solomon Burke, Down In The Valley qui conclut le disque. Malgré l’aspect « mélangé » de la production et les contributions de près d’une vingtaine de musiciens (y compris une section de cuivres), Talk To Me donne un sentiment d’unité grâce à la cohérence de Fankhauser.

Fankhauser, qui a étudié avec le guitariste Johnny Copeland, a beaucoup appris de ses maîtres. Il rend hommage à Copeland sur la couverture de Cut Off My Right Arm et Flying High (Yesterday). Parmi ses propres créations, on dénote une influence de B.B. King sur Who’s Gonna Sing The Blues For You?. La réponse est: peut-être un suisse-allemand. Talk To Me présente le travail soigné d’un artiste expérimenté.

Michael Cote

Down Beat

“Fankhauser se semble pas le moins du monde être un visiteur de Suisse!”

A Los Angeles et aux studios de Nashville, Fankhauser se semble pas le moins du monde être un visiteur de Suisse qui fanfaronne en s’autoproclamant chanteur de blues. Il montre une empathie pour les titres de Johnny Copeland (Shemekia Copeland lui donne sa bénédiction sur la pochette de son disque) et il ajoute une note dramatique aux originaux soul/blues sans forcer sa voix ou en adoptant un ton trop révérencieux.



Frank Hadley

Blues News

“Brillant chanteur, guitariste au-dessus de la moyenne et excellent auteur!”

La Suisse a produit, bien qu’encore peu remarqué, un nouveau musicien de classe internationale dans le domaine de la « roots music ». Fankhauser a déjà 9 albums à son actif, certains avec le Checkerboard Blues Band, et son nouveau CD démontre à quel point le vrai bon Memphis blues doit être groovy, gras et funky.

Johnny Copeland a reconnu les talents de chanteur de Fankhauser et l’a invité aux Etats-Unis pour faire partie de son groupe, jusqu’à sa mort trop précoce. Ainsi, les deux morceaux de Copeland, Cut Of My Right Arm et Flying High sont un véritable hommage au Texas Twister. La légère, mais reconnaissable touche texane ajoute du mordant au blues de Fankhauser.

Bien que brillant chanteur, guitariste au-dessus de la moyenne et excellent auteur, c’est la volumineuse section de cuivres qui confère son aspect final à Talk To Me.
La section de cuivres est composée de Jim Spake, Andrew Lowe, Wayne Jackson et Scott Thompson, que l’on peut entendre, entre autres, avec Al Green, les Rolling Stones, Ike Turner, Otis Rush et de nombreuses stars de chez Stax, en bref: tout artiste renommé dans le monde du rhythm & blues. Agréable à l’écoute et indiscutablement bon. La présence de cette élite transforme Fankhauser en Funkhauser. Un album de classe!




Uwe Meier

Blues in Britain

“Quelqu’un devrait ramener ce groupe chez nous!”

Au début des années 90, Philipp Fankhauser était chanteur/guitariste/leader du très accompli groupe suisse, le Checkerboard Blues Band. Ensuite, il est allé aux Etats-Unis de 1994 à 2000, passant beaucoup de temps avec le regretté Johnny Copeland et enregistrant sous les auspices du renommé Dennis Walker. Il est maintenant de retour à Thoune à la tête du Philipp Fankhauser Blues Band sur le CD nommé Live – So Damn’ Cool (FunkHouseBlues FHB 92105). Un groupe sûr de lui, sans prétention jouant un blues direct dans lequel il a le soutien du batteur Tosho Yakkatokuo et du bassiste Richard Cousins, l’ancien bras droit de Robert Cray. L’album, qui comprend une majorité de reprises (mais le genre de morceaux rarement repris), est une bonne démonstration de la voix cool de Philipp et d’un jeu semi-acoustique bien contrôlé. La section rythmique est certainement un atout. Un album de classe ; maintenant que la Grande-Bretagne s’ouvre enfin à la scène du blues continentale, quelqu’un devrait faire venir ce groupe chez nous. Classement: 8

Norman Darwen

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